Macron aux USA : Un coup de pelle, des pellicules, un dîner de gala et puis s’en vont

Le spectacle de la politique me laisse parfois et même souvent songeur et c’est précisément ce qui m’arrive aujourd’hui en repensant au voyage d’Etat d’Emmanuel Macron aux Etats-Unis à l’invitation exceptionnelle de Donald Trump. Je veux bien que ce soit fondamental pour nos deux pays d’alimenter nos bonnes relations mais je trouve que le spectacle de ces deux jours est d’un ennui indescriptible et d’un vide sidéral.

Les images proposées au monde entier sont une série grotesque de poignées de mains et de tapes dans le dos où l’observateur affuté n’a rien d’autre à faire que de guetter celui des deux qui détendra ses doigts le premier, une scène bucolique et ridicule de ces deux chefs d’état en costume qui déplacent deux pauvres mottes de terre sous le regard attendri des first ladies aussi apprêtées pour le jardinage qu’un cosmonaute pour un bain de mer, un nettoyage express de pellicules sur le costume noir de l’autre, histoire de bien lui montrer qu’il n’est pas en état de s’exhiber devant les médias du monde entier…

Et sur le fond, il se passe quoi ? Rien ou presque rien mis à part une sortie de route de Trump sur l’accord iranien sous le regard médusé et consterné d’un Macron impuissant.

Vous me direz peut-être que ces voyages officiels entretiennent l’amitié, que beaucoup de choses se passent en coulisse, que l’on discute des vrais sujets entre conseillers, que c’était très important que cela ait eu lieu… Peut-être, mais je trouve pour ma part que ces images, aussi glamour et symboliques puissent-elles être, donnent une vision consternante de la politique.

Je crois que nos sociétés ont évolué dans leur lien à la politique et à l’information. Avec la multiplication des canaux et des sources, j’ai le sentiment que nous sommes devenus plus exigeants et plus désireux de voir nos leaders politiques aller droit au but et se positionner sur le fond.

Cette diplomatie sur papier glacé m’apparaît tellement loin des réalités de ce monde que son archaïsme me saute aux yeux avec force.

A l’ère du web social, au moment où les frontières temporelles et géographiques de l’information disparaissent, à l’heure où nous avons des images de pratiquement tout ce qui se passe dans le monde et souvent de manière dramatique, ce genre de superproduction américaine nous éclabousse de sa futilité et de son ridicule.

Si je fais le parallèle avec l’ère des réseaux sociaux, c’est que je crois que ce contexte a profondément boulversé notre rapport aux images et à l’actualité. La prolifération des conversations a changé les règles de l’exercice public de la politique et les citoyens attendent aujourd’hui autre chose de leurs élus.

En conclusion, je dirais que sur le plan de la communication, le voyage du Président Macron est un échec un peu navrant.

 

EDIT du 26 avril : Il y a eu, depuis cette note, le discours au Congrès et celui à l’Université qui sont deux prises de parole majeures et qui me suffisent à reconnaître publiquement que cette note était prématurée. Non, finalement, ce voyage ne fut pas un échec dans sa dernière partie. 

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