Bienvenue dans l’ère du Capitalisme de la surveillance

Le scandale Cambridge Analytica, au-delà du fait divers, est le révélateur de quelque chose plus systémique. C’est pour chacun d’entre nous l’opportunité de prendre conscience de la nature et des dérives du monde connecté dans lequel nous vivons.

Si l’adage : « si c’est gratuit, vous êtes le produit » est célèbre, la professeure Shoshana Zuboff de Harvard Business School appelle cela « Surveillance capitalism » (le capitalisme de la surveillance) et je trouve que cette expression est particulièrement éclairante.

Arrêtons nous sur ce concept, comme l’a fait ce spécialiste en sécurité informatique, Bruce Schneier dans une récente note de blog dont ma note du jour s’inspire.

Des entreprises comme Facebook et Google vous offrent des services gratuits en échange de vos données. La surveillance de Google n’est pas une nouveauté, mais elle est étonnamment intime. Nous ne mentons jamais à nos moteurs de recherche. Nos intérêts et curiosités, nos espoirs et nos peurs, nos désirs et nos penchants sexuels sont tous rassemblés et sauvegardés. Ajoutez à cela les sites que nous visitons que Google suit à travers son réseau publicitaire, nos comptes Gmail, nos déplacements via Google Maps, et ce qu’il peut collecter depuis nos smartphones.

Avec nos smartphones, nous permettons aux opérateurs du réseau de franchir de nouvelles étapes car les smartphones sont probablement les dispositifs de surveillance les plus intimes et intrusifs jamais inventés. Ils enregistrent notre emplacement en permanence, ils savent où nous vivons, où nous travaillons, et où nous passons notre temps. Nous les consultons au réveil et avant de nous coucher. Ils savent donc quand nous nous réveillons et quand nous allons dormir et comme nous en avons tous un, ils savent avec qui nous dormons.

Le capitalisme de surveillance est au coeur du développement de l’Internet. C’est le pilier de la plupart des services «gratuits» et l’un des éléments du modèle économique de nombreux services payants.

Nous sommes ou plutôt nos données sont la marchandise, le bien de consommation au coeur de ce capitalisme d’un nouveau genre. Le plus grand problème éthique — et de taille —  est que la finalité du capitalisme de surveillance est de nous manipuler psychologiquement via des messages ou des publicités toujours plus ciblées, afin de nous persuader d’acheter quelque chose ou de faire quelque chose, comme voter pour un candidat à une élection.

C’est probablement pour lutter contre les dérives potentielles de ce système que l’Union Européenne a imposé le RGDP dont les mesures entreront en vigueur en mai prochain.

Mais s’il est heureux de vouloir encadrer strictement l’utilisation et la revente des données personnelles, il serait bien naïf de croire que cela signera la fin du capitalisme de la surveillance qui a encore, croyez-moi, de très belles années devant lui. Car l’ensemble de l’édifice Internet repose sur la promesse de pouvoir exploiter la donnée et nous n’en sommes qu’au début.

Une réflexion au sujet de « Bienvenue dans l’ère du Capitalisme de la surveillance »

  1. Etre du capitalisme ou contre capitaliste ou autre…tous sont pour la surveillance des personnes. Tout connaître sur tout le monde. Notre téléphone portable est déjà l’équivalent d’une caméra qui nous filme en permanence.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s