Il y an un an…

Ce 22 mars 2016, j’étais dans le tram pour aller au bureau au cœur de Bruxelles. C’était un jour comme les autres, du moins le pensais-je avant de recevoir un premier sms m’avertissant d’une explosion à Zaventem.

Je me suis alors précipité sur mon iPhone pour voir si les sites d’info en parlaient déjà et ce fut le début de longues et interminables minutes à découvrir l’horreur, les explications imprécises sur les faits, plus macabres les unes que les autres à mesure que la journée avançait, les estimations hasardeuses sur le nombre de morts, la certitude de l’origine terroriste. Puis ce fut une deuxième explosion dans le métro, à 500 mètres à peine du lieu où je me trouvais. Quatre mois après les attaques du Bataclan et des terrasses, l’histoire avait le hoquet.

Un an plus tard et au moment où toutes mes pensées vont aux victimes de cette barbarie, je pense que cette date a un peu changé ma vie. Que les choses soient claires, je n’ai pas été touché et aucun membre de ma famille ne l’a été pas plus que mes amis, mais lorsque l’horreur s’abat aussi prêt de vous, qu’elle vous frôle d’une certaine manière, que vous sentez presque son souffle, vous ne pouvez pas continuer comme si de rien n’était.

Mais lorsque j’entends nos politiques débattre et revenir sur ces horreurs comme ils l’ont fait brièvement lundi soir sur TF1, je me dis qu’ils n’ont vraiment rien compris et que leurs querelles politiciennes stériles parsemées de postures médiatiques hyper travaillées sont autant d’insultes à la mémoire de celles et ceux qui ont perdu la vie.

Parce qu’ils ne parviennent pas à sortir des prisons idéologiques dans lesquelles ils se sont enfermés, parce qu’ils traitent ces événements par le prisme politicien et non humain, parce qu’ils s’empressent de formuler une réponse facile à des situations d’une complexité infinie, parce que la compassion qu’ils expriment n’est qu’un élément de langage de plus travaillé pour recueillir les suffrages de leurs troupes, parce que le fait de susciter la haine de l’autre pour tout expliquer est plus mobilisateur que d’inspirer l’amour et la tolérance, ils ne sont pas dignes de ce devoir de mémoire.

Tant que les hommes et les femmes politiques continueront de se pavaner sur les plateaux de télévision en déclamant sans honte qu’il y a « une solution simple à ce problème, un truc qui n’a jamais été fait, qu’il suffit de… et qu’il faut… », nos cercueils continueront d’être les dramatiques variables d’ajustement de leur manque d’humilité face à un péril qui nous dépasse tous et qui devrait faire voler en éclat tous nos clivages.

Un an après les attentats de Bruxelles, j’ai la détestable impression que nos leaders n’ont rien compris de ce qui nous était arrivé, eux qui s’empressent de paraître si sûrs de tout. Nice, Saint-Etienne-du-Rouvray Berlin, Orly, sont les répliques d’un phénomène qui ne s’estompe pas et la lecture qui nous en est faite est honteusement manipulée pour en faire un marchepied électoral à court terme.

Essayons ne pas être dupes.

A suivre…

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